Le Manifeste Slave (FR)
Slavicis est une plateforme d’action culturelle et un cercle de réflexion fondée à Genève, visant à mobiliser les communautés slaves de Suisse, d’Europe et du Monde en faveur de l’idée neoslaviste et du développement de l’identité slave. Slavicis a pour vocation de rappeler l’apport culturel slave à l’édification du continent européen et à l’Humanité.
La promotion de l’identité slave ne peut qu’être menée dans le respect mutuel des traditions. Slavicis soutient dans ce but une approche identitaire fondée sur les appartenances locales, régionales, nationales aussi bien que continentales. Conscient de la globalisation marchande et de ses effets socioculturels menant à une standardisation des modes de vie, des traditions, des cultures et des langues, Slavicis milite pour le développement du sentiment d’appartenance slave et européen tout en soutenant les mouvements de libération sociale et identitaire luttant sur d’autres continents. Slavicis développe une approche identitaire différentialiste hostile à tout racisme ou suprématisme.
Slavicis prône aussi l’articulation de l’espace culturel slave avec les autres espaces identitaires européens.
Lucide quant aux effets sociaux et culturels de la mondialisation et du libéralisme financier, Slavicis réaffirme que seule une prise de conscience écologique passant notamment par une remise en cause du mythe de la croissance nous permettra de léguer un monde viable aux futures générations.
Attaché aux traditions séculaires chrétiennes qui ont participé à la construction de l’Europe ainsi qu’à leurs spécificités, Slavicis entend néanmoins œuvrer en faveur de l’unité des Chrétiens et en particulier au dépassement du schisme de 1054 entre les Eglises Catholiques Romaines et Orthodoxes.
Slavicis partage avec de nombreuses nations d’Europe Occidentale, Centrale et Orientale ou du Caucase l’appartenance à la grande famille des Indo-Européens. Conscients des conflits qui ont ensanglanté notre continent, les membres de Slavicis oeuvrent à l’édification d’une Grande Europe indépendante et basée sur la libre volonté des Peuples. Dans ce but, Slavicis entend aussi œuvrer à la pacification des tensions persistant entre Serbes et Croates mais aussi entre les peuples non-slaves, comme les Roumains et les Magyars tout en alarmant l’opinion publique sur la situation des Serbes du Kosovo.
Slavicis est un mouvement qui prône l’égalité entre tous les Slaves ainsi que la reconnaissance de leur autonomie et de leurs droits politico-culturels. Chaque peuple slave doit pouvoir se développer de manière autonome sur le plan culturel, économique et politique, mais il est dans l’intérêt profond des slaves de s’engager sur la voie de la coopération culturelle. Notre approche néoslaviste appelle la constitution d’une communauté populaire basée sur les principes de la démocratie directe, de la subsidiarité et de la justice sociale.
Contrairement à certaines formes anciennes de panslavisme, Slavicis ne suppose pas qu’un groupe quelconque de Slaves détienne une autorité morale sur ses semblables. Slavicis refuse aussi tout suprématisme religieux mais reste attaché à la foi chrétienne.
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Qu’est ce que le Neoslavisme ?
Le Neoslavisme est un mouvement politique qui apparaît au cours du XIXéme en même temps que sa critique du panslavisme.
Fondé par des militants Tchèques l’idée originelle des Neoslavistes a été la défense des zones habitées par les Slaves de l’Empire Russe contre l’expansion pangermaniste. Le mouvement a prôné des ses débuts l’égalité de tous les Slaves, le respect de chaque individu et le statut d’autonomie des autres entités habitées dans ces régions. Le Neoslavisme entendait clairement le développement des Slaves et celui-ci libre de toute ingérence maligne de la Russie.
Le mouvement Neoslaviste c’est particulièrement montré hostile à toute atteinte du respect des identités slaves, en reprochant aux Russes de mettre en place une politique de domination et l’imposition de la foi orthodoxe sur les autres Slaves. Contrairement à ce que prônait le panslavisme, le Neoslavisme n’a jamais supposé qu’un groupe de Slaves, serait placé plus haut dans la hiérarchie des relations entre des entités d’où l’échec du rapprochement entre frères et sœurs slaves.
Les Neoslavistes ont également largement supportés l’idée d’ajouter à l’Empire austro-hongrois une composante slave via un État fédéral. Après l’annexion de la Bosnie-Herzégovine en 1908 les Neoslavistes insistaient pour que la monarchie austro-hongroise reconnaissent la triple identité et ajoute à au royaume d’Autriche-Hongrie la Slavie.
Bien que le mouvement ait été soutenue par un temps par certains milieux politiques en Russie, l’attitude dominante parmi la population Russe d’une forme de patriarcalisme envers les peuples slaves a été le principale obstacle des neoslaves. La discrimination des institutions vis-à-vis des Polonais, des Ukrainiens et des Biélorusses, ainsi que l’anticatholicisme régnant en Russie, le Neoslavisme n’a pas réussi à disposer d’un appui plus large.
Pour citer un exemple des difficultés rencontrées par le mouvement Neoslavisme on peut cité ici l’exemple des relations Pologne/Russie. En Pologne le mouvement a longtemps été associé à l’homme politique Roman Dmowski. Ce dernier considérait que l’idée du neoslavisme permettrait aux deux pays voisins d’envisager un partenariat fort entre la Pologne, la Russie d’une part et les autres pays de cet espace européen. Ancien député polonais à la Duma de l’Empire Russe, représentant de la Pologne pour les négociations territoriales il a toujours envisagé des relations fortes avec la Russie, au contraire du Maréchal Pilsudski. L’exemple le plus illustratif du délégué Polonais reste à la Conférence de Paris en 1919 et signataire du Traité de Paix de Versailles où il n’a cessé de mobiliser les partenaires russes pour un partenariat fort au niveau des instances internationales. Cependant l’idée n’a jamais été très populaire en Pologne et encore moins en Russie. A l’image du polonais Roman Dmowski on comprend mieux les difficultés des Neoslavistes.
Toutefois les Neoslavistes ont organisé trois réunions du mouvement. Le premier en 1908 à Prague, le second congrès a eu lieu en 1909 à Saint-Pétersbourg, et le troisième à lieu en 1910 à Sofia.
Au cours de ces réunions les neoslavistes les désaccords entre Polonais et Russes, Serbes et Bulgares et les problèmes épineux entre Hongrois et Roumains ont été mis en évidence. Dans les deux premiers conflits, l’activiste tchèque Karel Kramář a tenté la médiation, mais sans réussir a convaincre les protagonistes.
Au cours de l’année 1909, le mouvement a réussi a formé un bloc commun “Unité Slave” au sein du parlement de la monarchie austro-hongroise sans toutefois avoir les députés polonais et ukrainiens en son sein.
Une des grandes réussites de l’idée Neoslave reste son inspiration au modèle étatique Yougoslave. Largement inspiré du modèle Neoslave l’idée des bâtisseurs serbes, croates, slovènes, bosniaques, monténégrins, macédoniens à contribué à la fondation de la Yougoslavie et de son application.
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